Header picture

Acrobat Reader, ce pourriciel

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui BriacEdition se permet d'en rajouter une couche sur un sujet qui a déjà gâché beaucoup d'octects, et se permet de critiquer l'un des logiciels les plus téléchargés sur Windows, un logiciel dont il est pourtant établi qu'il est un "elephantware" / "bloatware" (ou bien bouzeware, selon nos propres termes). Ce tas de lignes de code mal organisées, indispensable autant que détestable s'appelle Acrobat Reader, et pour les quelques minutes qui suivent, nous allons tous le détester ensemble.

Text illustration

Au temps où l'Internet est assez rapide pour permettre aux utilisateurs de choisir les outils qu'ils veulent pour lire et modifier leurs fichiers, comme les mp3 (Winamp, iTunes, WMP, VLC...) ou les avi (VLC, BS Player, VLC...), seul un format résiste à l'invasion: le pdf. Au pdf est associé un seul programme: Acrobat Reader, car monsieur le pdf a besoin d'un programme pour lui tout seul. Et quel programme. Bien évidemment, il y a des alternatives à Acrobat Reader, telles que Foxit Reader, mais qui est au courant ?

Aujourd'hui, nous proposons de comparer les logiciels selon leur rapport qualité-prix (ce n'est pas certes le seul indicateur possible, et il est probablement très injuste, mais rappelons que nous sommes sur Internet). Certains logiciels s'en tirent très bien pour ce rapport (Half Life 2 par exemple), d'autres un peu moins bien (Mapple...). Cependant un certain nombre de logiciels (qui ne savent pas qu'on ne divise pas par zéro) sont proposés à un prix nul, pour une qualité plus que respectable (The Gimp, Firefox, VLC, Thunderbird...). A ces logiciels on est obligés d'attribuer un rapport qualité-prix infiniment positif. Le cas d'Acrobat Reader est encore plus compliqué, ce logiciel étant nul, on se retrouve à calculer un rapport qualité / prix égal à zéro sur zéro... Un rapport qui traduit bien l'ambivalence de ce logiciel aussi nul qu'indispensable. Du reste, le rapport tend probablement vers zéro, pour les raisons expliqués dans le paragraphe suivant.

Etant donné que nous sommes sortis en vie de la logique tout à fait discutable du paragraphe précédent, continuons à critiquer. Il est intéressant de noter qu'en dépit du fait qu'Acrobat Reader ne fasse qu'une seule chose (lire et modifier des textes, oups pardon... lire des textes, oups pardon... lire des pdf), il le fait très mal puisqu'il est lent à charger. Il ne fait qu'une chose, et pourtant il croit être utile à autre chose: d'où un grand nombre de fonctionnalités inutiles au possible qui rendent le logiciel toujours plus lourd. Il n'y a qu'à voir au démarrage le nombre de barres d'outils, de boutons et d'onglets qui s'ouvrent. Qui a jamais voulu faire plus avec Acrobat Reader que de lire un document et de le refermer juste après ? Qui a jamais eu besoin de la fonction "Read Out Loud" (dont je doute qu'elle marche sur un nombre conséquent de documents) ou de la barre d'outils "Beyond Acrobat Reader" ? Comment les programmeurs justifient-ils le nombre effarant de boutons affiché par défaut dans l'interface alors que la plupart du temps l'utilisateur ne veut que scroller et zoomer (choses qui se font à l'aide d'une souris et du bouton contrôle) ? Il n'a probablement pas souhaité de passer un quart d'heures à chasser et à éradiquer jusqu'au dernier tous ces boutons dont pas un ne sert, en priant pour qu'ils ne réaparaissent pas à la prochaine ouverture.

Une fois ce quart d'heure de pestage sur un tas d'octet passé, le logiciel se laisse utiliser quand on maitrise le scrollage et le zoom. C'est alors que se découvre la vraie relouterie imposante qu'est Acrobat Reader...

Car sans avertir, le logiciel de mise à jour d'Acrobat Reader vous saute dessus ! Il vous demande (gentiment la première fois): "Mets moi à jour s'il-te-plait". Alors gentiment aussi, vous cliquez sur Suivant 2000 fois pour qu'il vous laisse tranquille et fasse son truc dans son coin. Mais cela ne se passe pas comme ça: après 5 minutes, vous regardez où il en est et constatez que cela n'avance pas vite. Puis de minutes en minutes, vous regardez l'état d'avancement, et vous demandez ce qu'il télécharge pour que ça aille si lentement. Que du lourd ! La dernière version de on-ne-sait quel plugin qui ne sert que quand les planètes sont aux quatre coins d'un carré, la dernière mise à jour de sécurité Adobe J'y-crois-à-mort™ qui n'agit que si vous tentez vous même d'attaquer votre ordinateur avec un virus, et, cachée dans l'ombre, la terrible et inutile barre Yahoo !

La première fois, il suffit d'utiliser le gestionnaire des tâches pour tuer le processus. Trouvant la punission assez dure, vous arrêtez de chercher des poux à celui déjà laid comme un morpion et vous continuez votre travail. Le deuxième jour, contre-attaque d'Adobe Update, vous cliquez sur "Vade Retro Satanas" comme un effréné, et utilisez le fusil blaster à programme: vous démarrez msconfig, et déselectionnez tout ce qui commence par Adobe au démarrage de Windows. Et bien, cela reste un mystère pour moi à ce jour (mais je sens le geek de service courir vers moi pour m'expliquer que c'est élémentaire pourtant - qu'il retourne dans son placard), Adobe Update méfait tout de même, et me propose à intervalles réguliers ses modifications dont je ne veux pas. Car qui peut bien se vanter d'avoir vu une évolution dans ce logiciel, autre que le numéro de version et le logo ? En X années, ils ne sont même pas compris que "lecteur acrobate" ça ne veut pas dire grand chose.

Addenda: Ca fait trois jours que je ne sors plus. J'ai mis des matelas sur les murs, des chaises devant les portes. Je sais qu'il m'attend derrière une fenêtre, une porte, un bouton. J'ai ligoté la souris au lustre, mais je sais qu'il n'a pas même besoin d'un clic pour apparaître. Rien qu'en bloguant, je risque beaucoup. Je pense à m'agresser moi même. Dois-je donc commettre l'irréparable et retourner à MS-DOS ?